PARIS - Les fédérations CGT, CFDT et CGC du transport routier, qui affirment représenter 60% des voix dans la branche, ont menacé mardi leurs employeurs d'une grève en octobre, en présentant à la presse une plate-forme commune de revendications, principalement salariales.
Les trois syndicats réclament notamment des "primes d'ancienneté identiques pour tous" et un salaire de "1.500 euros pour 152 heures mensuelles treize mois par an". La plate-forme revendicative a été présentée en juin aux employeurs, qui "refusent de négocier", selon Patrick Bérard, de la CGC-routes.
Les conséquences d'une grève seraient "bien plus importantes qu'en 1992 et 1994 car aujourd'hui, les routiers livrent les hypermarchés trois fois par jour en produits frais", a-t-il déclaré.
"La grande distribution a étendu ses surfaces de vente au détriment des stocks, qui sont devenus +roulants+, sur nos camions. Et avec les fusions, vous n'avez plus pour certains produits, comme les bonbons Haribo, que deux plate-forme logistique dans l'hexagone", a-t-il expliqué.
"Plus besoin d'avoir des copains partout comme en 92 et 94" car la participation des cadres et informaticiens à la grève retarderait les plate-formes logistiques et les préparations de commandes, a indiqué Patrick VanCraeynest (CGT), président depuis juillet de la commission route de l'ETF qui reroupe les syndicats de transports de 27 pays européens.
Syndiqués à 14%, les salariés du transport routier sont 618.000 en France, dans 36.000 entreprises, dont 456.000 pour les marchandises (356.000 chauffeurs et 100.000 logisticiens), a déclaré Maxime Dumont, de la CFDT Routes, premier syndicat avec 27% des voix.
